La Banque Postale


Pendant longtemps, La Banque Postale a souffert d’une image de banque lente, peu digitale, parfois perçue comme datée.

Et pourtant, derrière cette façade administrative se cache l’un des établissements les plus prudents, résilients et sûrs du paysage bancaire français.

Une banque qui ne fait pas rêver les analystes, mais qui rassure les épargnants les plus exigeants.

Issue de la transformation du service financier de La Poste en 2006, La Banque Postale s’est développée avec un ADN unique dans le paysage bancaire européen.

Elle reste aujourd’hui 100 % publique, contrôlée par le groupe La Poste lui-même détenu majoritairement par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Autrement dit, si vous cherchez un acteur bancaire solidement arrimé à l’État français, vous venez de le trouver.

Sur le plan des indicateurs de solidité, La Banque Postale affiche en 2023 un ratio CET1 de 19,1 %, soit même un peu plus élevé que celui du Crédit Mutuel.

C’est un chiffre extrêmement élevé, qui la positionne dans le peloton de tête des banques européennes les mieux capitalisées.

Cela signifie que pour 100 € d’actifs pondérés par les risques, elle dispose de 19,10 € de capital de haute qualité.

À titre de comparaison, certaines grandes banques systémiques tournent à 12 ou 13 %, avec des profils de risques bien plus agressifs.

La Banque Postale, elle, avance avec prudence. Pas de salle de marché hypertrophiée, pas d’exposition aux produits financiers opaques, pas de spéculation sur les marchés asiatiques ou américains.

Son cœur de métier, ce sont les particuliers, les collectivités locales, les entreprises de l’économie réelle.

En 2023, son résultat net atteint 1,06 milliard d’euros, ce qui peut sembler modeste face aux géants bancaires mais traduit une gestion sobre, efficace, et extrêmement rigoureuse.

Elle ne cherche pas à impressionner les analystes financiers. Elle cherche à tenir. Et ça change tout.

Le ratio LCR, qui mesure la capacité de la banque à faire face à une crise de liquidité sur 30 jours, s’élève à 170 %.

Un chiffre encore plus élevé que celui du Crédit Mutuel.

Cela signifie qu’en cas de panique bancaire, La Banque Postale pourrait tenir plus d’un mois et demi uniquement sur ses actifs liquides.

Une performance impressionnante, surtout pour une banque qui ne s'appuie pas sur des revenus de marché volatils.

Autre point fondamental : son profil de financement. La Banque Postale collecte plus qu’elle ne prête. Elle est donc structurellement surliquide.

Elle ne dépend quasiment pas des marchés financiers pour fonctionner.

Ses clients déposent plus d’argent qu’elle n’en prête, ce qui réduit drastiquement ses besoins de financement externe.

En langage simple, cela veut dire qu’elle ne risque pas de se retrouver à court de cash en cas de turbulences.

Avec plus de 10 millions de clients, 17 000 points de contact via les bureaux de Poste et une présence dans chaque ville de France, La Banque Postale est aussi l’une des banques les plus accessibles du pays.

Mais ce réseau est au service d’une stratégie austère et sécuritaire.

Cette banque n’a jamais été éclaboussée par des scandales majeurs, des amendes pour blanchiment ou des pertes de marché.

La notation de crédit de la Banque Postale en 2023 est solide : A (stable) chez Fitch, A1 chez Moody’s.

Elle reste sous le radar, mais coche toutes les cases que recherchent les épargnants prudents : capital élevé, liquidité exceptionnelle, gestion ultra-conservatrice, et surtout garantie implicite de l’État via son actionnaire principal, la Caisse des Dépôts.

Société Générale


Si la solidité financière se mesurait à la réputation, la Société Générale serait probablement reléguée loin derrière.

Mais la réalité est plus nuancée.

Certes, cette banque n’a pas le capital du Crédit Mutuel, ni la sérénité de La Banque Postale, ni la puissance de BNP Paribas.

Mais elle reste une institution systémique, sous haute surveillance, avec des actifs colossaux et des capacités de rebond qu’il ne faut pas sous-estimer.

En 2023, la Société Générale a connu une année de transition, marquée par une baisse brutale de son bénéfice net : seulement 2,5 milliards d’euros, contre 5,6 milliards en 2022. La banque a dû encaisser plusieurs chocs.

D’abord, la cession de ses activités en Russie, vendues à perte suite à la guerre en Ukraine.

Ensuite, une réorganisation profonde de ses métiers, avec des cessions, des fusions internes (notamment avec Crédit du Nord), et un recentrage sur la rentabilité.

Son ratio CET1 est à 13,3 %, légèrement inférieur à celui de BNP Paribas, mais toujours au-dessus des exigences réglementaires.

Ce chiffre montre que malgré les turbulences, la banque reste capitalisée de manière correcte.

Toutefois, elle n’a pas la marge de manœuvre d’un Crédit Agricole ou d’une Banque Postale.

Elle doit faire attention à chaque choc.

Le ratio LCR, qui mesure la liquidité à court terme, est à 136 %, un niveau satisfaisant. Mais là encore, pas spectaculaire.

Cela signifie que la banque peut faire face à une crise de retraits pendant environ 30 à 40 jours.

On est loin des 160 % ou 170 % des banques mutualistes les plus conservatrices.

C’est une sécurité minimale, mais pas excessive.

La vraie difficulté de la Société Générale, c’est son exposition historique à des métiers plus volatils, notamment la banque de financement et d’investissement.

Si BNP Paribas maîtrise ses activités de marché avec un équilibre robuste, la Société Générale, elle, a souvent flirté avec les limites.

Elle traîne toujours l’ombre de l’affaire Kerviel, qui lui a coûté 4,9 milliards d’euros en 2008, et dont les répercussions en termes d’image sont encore palpables aujourd’hui.

Ajoutez à cela des performances parfois décevantes dans les activités internationales, des cessions forcées et une croissance atone, et vous obtenez une banque en reconstruction permanente.

Et pourtant, tout n’est pas à jeter. Depuis l’arrivée de Slawomir Krupa à la tête du groupe en 2023, une stratégie de recentrage agressive est en cours.

Moins d’activités à faible rentabilité, plus de discipline dans les métiers de base, une logique de simplification.

L’objectif est clair : revenir à l’essentiel, améliorer la solidité du groupe, réduire le risque structurel et restaurer la confiance.

Côté notation, la Société Générale reste bien notée, même si légèrement en retrait : A chez S&P, A1 chez Moody’s.

Elle reste donc considérée comme une banque solide, mais avec un profil de risque plus marqué que ses concurrentes.

Elle est également sous la supervision étroite de la Banque centrale européenne, ce qui garantit un certain niveau de rigueur réglementaire.

Au final, la Société Générale n’est pas une banque “en danger”.

C’est une banque qui a connu des erreurs stratégiques, des crises internes, mais qui conserve les reins solides grâce à sa taille (plus de 1 600 milliards d’euros d’actifs) et à son rôle systémique dans l’économie française.

C’est une banque que l’État ne laisserait jamais tomber, mais qui, pour les épargnants prudents, inspire aujourd’hui moins de confiance que ses consœurs mutualistes.